mardi 13 novembre 2007

Mélange des genres

Source : Sexee

Tim Curry - Sweet Transvestite

Un compendium ! Un vademecum ! Un pot pourri ! Un amphigouri ethno-sexuel ! Un métissage transgenres !

La multiplicité des termes pour désigner le mélange des genres grouille abondamment. Je m'exerce à cette quête sémantique car aujourd'hui s'ouvre le Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris (au Rex).
Ici le myspace du Festival

Pourquoi mélange des genres ? D'année en année, le FFGLP élargit les signes de différenciation sexuelle. Pour cette 13e édition, le FFGLT va au-delà du tandem masculin/féminin avec des films trans, intersexes ou fems pour multiplier les représentations, ouvrir aux différences, décloisonner.

Dès mon arrivée en région parisienne, j'ai côtoyé l'univers gay, lesbien et transsexuel. J'ai rencontré Bertrand métamorphosé en Béatrice quelques mois plus tard. Je ressentais beaucoup de tendresse et d'attraction pour cet "être" surdoué, hypersensible, très cultivé et infiniment curieux.
Je viens de farfouiller dans mon dossier "Ovnis Sexuels" et j'ai retrouvé un email de Beatrice en date du 28 mars 2002. Elle m'explique que l'intersexualité n'est absolument pas le fruit de sa pensée puisqu'elle est biologiquement femme. En effet, elle souffre d'une maladie orpheline appelée "AIS", Insensibilité aux Hormônes Androgènes. En deux mots, il s'agit d'une condition biologique d'intersexualité dans laquelle les organes génitaux/reproducteurs sont partiellement en désaccord avec le sexe génétique. Cette condition est différente de la transsexualité (désordre/confusion sexuels).
Ce soir, en guise d'ouverture du FFGLP sera projeté le film "XXY" primé au dernier Festival de Cannes. Cette toile va vous entraîner dans les pérégrinations adolescentes d'un hermaphrodite.

Vendredi dernier, j'ai fait connaissance d'un electro-boy qui sévit au sein des sillons de l'underground, il s'appelle motif_r, écoutons l'un de ses tracks étranges :
motif_r - mission report

Vendredi 17 nov. à 18h du côté de la librairie Mona Lisait (17bis rue Pavée-Paris 4e), motif_r sound-designera l'atmosphère pendant que Marie-Laure Dagoit sussurera des poèmes érotiques - et ce, toujours dans le cadre du FFGLP. Il s'agit d'une soirée autour de l'écrivain William S. Burroughs, figure-clé de la Beat Generation : la "fille derrière la salle de bains, Marie-Laure Dagoit". Au programme, des lectures, une installation video et une expo photos.

Jetez un coup d'oeil approfondi sur les éditions "Derrière la Salle de Bains", univers (entre)tenu par Marie-laure Dagoit dont les soubresauts tantôt textuels tantôt sonores flirtent avec des gens comme William Burroughs, Daniel Darc, Allen Ginsberg, Nick Tosches, Philippe Pigeard, Fj Ossang, John Giorno, Bernard Heidsieck…

Soudainement, il suinte de la transpiration émotionnelle et electro-synthétique :
Knifehandchop - Transition Emotion

Excellente exploration transgenres !

lundi 12 novembre 2007

Clique électro-synthétique


Hommage matinal au label californien Tigerbeat6 : myspace / site officiel

Max Tundra - Lights

King Honey remixed by DJ /rupture - Trinity [Bonechip remix]

Electric Company - Black Beauty

Numbers - Prisonlife_Caro's Prison Yard Mix

Knifehandchop - Taking The Soul Out Of Music vs. Vertical

"Boîtes à rythmes de merde", s'écrie A.B., génialissime inventeur de curiosités electro-acoustiques. Il se dit humaniste, non pas anarchiste. A.B. court le monde avec ses inventions "organiques" sous divers pseudos. Sur scène, il oeuvre dans le noir. Il fustige de façon extrême la musique fabriquée sur ordinateur. Pour encourager l'éducation sonore précoce, il est en train de développer un atelier d'electro-acoustique à destination des enfants : il s'agit d'abord de capturer des sons purement naturels comme le chant des oiseaux, le craquement des feuilles mortes sous les chaussures, le souffle du vent et consorts. Puis, de métamorphoser ces bruits dans des installations/instruments qu'il aura préalablement fabriquées.

C'est une façon de procéder parmi une foultitude d'autres. Pour ma part, point d'enracinement dans un seul et unique parti pris. J'apprécie autant l'inventivité déployée à partir de gadgets trafiqués, de bruitages de jeux vidéos, de rythmiques synthétiques que de lutherie expérimentale, d'organes vocaux plaqués sur chiptune music (en référence aux premières puces audios apparues sur nos ordinateurs et consoles de jeux dans les années 80)...

Pour concilier tous les points de vue, je vous propose d'ouïr un mélange d'organique et d'électronique made in China (bruits urbains capturés à Guangzhou) by Scanner aka Robin Rimbaud :
Scanner - Feast

samedi 10 novembre 2007

Du black dégoulinant




J'ai toujours été choquée, troublée par toute forme de ségrégation. La couleur d'une peau et son infinitude de nuances - caramel, vanillée, café au lait, chocolatée - j'ai toujours adoré. Très tôt, mon feu oncle est tombé amoureux de la Côte d'Ivoire et de ses femmes. Il a laissé en héritage un jeune garçon, aujourd'hui âgé de 14 ans et orphelin. Ce dernier vit en banlieue parisienne avec sa grand-mère. Je n'ai point encore fait sa connaissance...

J'ai rencontré Barth. Un ex-grapheur attendrissant, lui aussi orphelin et métissé. Ici son site Internet.

J'ai interviewé cet animal cocasse dans mon antre montmartroise. Check "du black dégoulinant sur les murs des cités" :
ITW Barth&Aokky octobre 2007

En fond sonore, nous écoutions un des morceaux cultes de Public Ennemy : Rebel without a pause

Barth a réalisé une très belle fresque - huile, pastel, marker, bombe - (en haut à gauche) pour illustrer une des chansons du groupe Zealow, géniteur de l'album "Vernissage".
Un pied en enfer

L'enfer du mimétisme imbécile, l'enfer des clichés pervers, l'enfer d'un système consumériste abrutissant. Pour moi, le paradis sur terre, c'est l'imaginaire et de fait, la transposition de cette flore intérieure dans un acte de création. Une démarche spirituelle empreinte de sens sur une planète vouée à la destruction.

"C'est l'imagination qui donne la forme aux rêves" (Edgar Varèse)

Pigalle femme fatale

Source : Joachim Lapotre




Douillettement installé dans une des geôles privées du Sexodrome (Pigalle City of course), Mochipet crève le panoramique de Joachim Lapôtre, photographe à l'esthétisme dérangeant. Pigallois de surcroît, il enfonce les mirettes des passants dans des glauqueries acidulées.

Démonstration lors de son vernissage MANGAS et LA TETE DE PORC le 16 novembre à DOORSTUDIOS à partir de 18h, 9 rue les diguieres, Métro Bastille / Paris.

FOCUS SUR Mochi Mochi

Il a pris un plaisir franchement narcissique à poser dans le quartier le plus anatomique et transgenres de la capitale. Fraîchement rencontré pour de vrai, cet electro-boy taïwanais résidant en Californie, éclate les frontières de l'Electronique avec un fracas de remix et de compos déconcertants. Check !

Donkeycore (Otto Von Schirach Miniature Stallion Mix)

Mochi feat. Spankrock : farleft_soultrainmix

Aphex Twin vs Thompson Twins


Côté VIIe art, la séquence finale du dernier film de Jacques Nolot "AVANT QUE J'OUBLIE" trempe dans l'atmosphère froide et chaude d'un PIGALLE organique. Sublissime Nolot, déguisé en femme à l'entrée du bar pigallois, le Chaô Ba : il fume, cadenassé entre ses loisirs pornographiques et son affreuse obsession de la mort. Seul moment d'ailleurs où le film est transpercé d'une nappe sonore. Je ne parviens pas à retrouver les référénces de ce morceau... Aussi, en guise de clôture melodramatique, je vous invite à découvrir un extrait inédit présenté lors des derniers Qwartz Awards. C'est un des membres du jury qui me l'a balancé. Si l'auteur de ces fraîches vibrations se reconnait, qu'il se manifeste !

076gr


POURQUOI EVOQUER PIGALLE dans ce 1er message ?

- Pour des motifs égostistes de prime abord. Je réside rue Coustou, ponton dirty entre Pigalle et le Montmartre pailleté
- Pour rendre hommage à ses services grâcieux de vieille maîtresse étincelante nuit et jour

PIGALLE est une muse sincère aux antipodes du genre humain tristement enfermé dans un cocon primitif hypocrite et sournois.